samedi 15 mars 2014

Arrivée à La Martinique sans encombre

Bonjour :
Nous avons fait escale trois jours à l'Ile Royale pour caréner la coque ...... il y avait du travail ! Les cravants s'en sont donnés à cœur joie depuis le départ de Tarrafal au Cap-Vert !
Un tuyau d'air comprimé du narguilé de plongée a éclaté .
 En court-circuitant un des deux compresseurs , j'ai réussi à remettre l'appareil en fonctionnement . Heureusement car j'ai passé au total plus de 8 heures sous la coque et remis une anode neuve sur l'hélice max-prop .  C'est un exercice fastidieux car il faut par prudence ne pas dépasser 20 minutes de plongée par séquense, laisser refroidir l'appareil et reprendre son souffle aussi .
Ce travail terminé, nous avons quitté les Iles du salut le 14 mars à 14 h00 après un repas partagé à bord avec Philippe et son épouse  .
Nous avons renoncé à l'escale au Suriname  pour arriver à temps rencontrer des amis en vacances à la Martinique .  Nous y passerons lors d'une prochaine boucle dans l'atlantique Sud .
La traversée de près de 800 nautiques a été très confortable . Nous sommes arrivés le 18 en soirée à 20h30  . Nous avons battus notre record journalier avec 220 nautiques en 24 heures sans tirer sur la mécanique ! Il faut noter que nous n'avons pas de mérite : le courant des Guyanes porte dans l'ouest pour 2 à 2,5 kns .
La principale péripétie de cette  navigation restera  notre tentative de mettre en place le spi asymétrique .... nous l'avions vérifié avant de partir du ponton à Kourou ; tout semblait en bon ordre  . Nous n'avons pas réussi à l'envoyer : la chaussette est monté jusqu'à mi hauteur ..... le spi s'est vrillé sur lui même et ça a fait coquille ...... j'ai encore mal aux mains après avoir tiré comme un sauvage pour réussir à le faire re- rentrer  dans la chaussette .
Coté navigation, nous avons pris une trajectoire très au large pour être déjà à plus de 100 nautiques au large du Guyana . Nous sommes passés à près de 180 nautiques du Vénézuéla  : aucun problème ni mauvaise rencontre si loin de la côte .
L'arrivée à Sainte Anne de nuit est facile en venant du Sud . Il faut cependant prendre garde aux très nombreux voiliers au mouillage - dont un bon nombre ne sont pas  éclairés . 
 
Le lendemain matin , nous sommes entrés au Marin .... nous avons vraiment eu le sentiment d'arriver sur le parking des campings cars de la Rochelle au mois d'Août . ..... plus rien à voir avec l'intimité des iles du Salut ou de Kourou !



 
Quelques points techniques étaient  à régler : vérifier le WC de la cabine AR obstrué  ( Nicole y a négligemment laissé une petite culotte qui a coincé la pompe :  Comment ? Dieu seul le sait !) , faire vérifier le traceur du cockpit qui ne s'allume plus, mettre une seconde chaîne avec cadenas  sur l'annexe Caribe, récupérer un second vélo pliant ... etc   des bricoles d'entretien courant pour garder Esclarmonde en bel état de navigation .
Nous aurons finis lundi matin et nous allons filer  non sans plaisir dans des mouillages plus intimes . Au programme randonnées  sur la cote Ouest (au vent )  en attendant l'arrivée  à bord  d'Olivier et de sa famille le 22 mars  pour 15 jours .
Nous allons naviguer  en Martinique et vers le sud de l'arc antillais dans les semaines qui viennent .
Je n'oublie pas mon retard ..... J'essaie de le rattraper en finissant l'article sur la Guyane ..... et Cayenne ville intéressante  .... 
A bientôt

vendredi 14 mars 2014

La lecture ou comment occuper son temps sur un voilier


Les lectures de voyage : ou quel sens donner à un nouvel emploi du temps  ?



Cet article répond à trois amis  bousculés dans leur perception de l'existence par notre nouvelle orientation de vie « nomade », étonnante à leurs yeux ; leurs questions convergent pour savoir pourquoi et comment trouver de nouveaux centres d'intérêts partagés capables de faire projet dans le couple après une vie bien remplie consacrée aux enfants, aux parents, aux amis et ….au travail . Nous n'entendons pas avoir de recette miracle pour les autres.... Sans rentrer dans des détails personnels sans intérêt pour ce blog, ce qui suit n'est que notre solution dont les lignes directrices méritent d'être transmises : Cet équilibre subtil se structure autour d'une idée simple : revenir à l'essentiel en sortant d'une logique d'hyper-compétition aliénante sans devenir des êtres "a-sociaux" . Un livre instructif pour comprendre notre cheminement partagé est celui écrit par Denis Doucet « Le principe du petit pingouin » éditions Marabout . Il faut réussir à sortir du "syndrôme de la  sur-adaptation ». C'est compliqué car tout dans notre société concoure à faire de nous de gentils et serviles consommateurs de babioles ou services destinées à affirmer un rang mais n'ayant aucun sens profond dans la recherche du bonheur . Sur le chemin de Compostelle, les 12 kgs de nos sacs à dos ont pleinement suffi à notre entière disponibilité à la rencontre de l'autre et partant de là ….à notre bonheur . C'est la vraie première étape de désintoxication de l'apparence du bonheur donnée par la carte bleue …...

Le voyage est le moment propice à la prise de distance par rapport à ce qui a fait notre quotidien depuis des dizaines d'années ….. un vrai « détour » au sens donné à ce mot par Jacqueline de Romilly pour les apprentissages  . Au terme du processus progressif de «dé-addiction», nous avons insensiblement pris nos distances vis à vis du principal instrument d'influence sur nos comportements à savoir le « mirage cathodique » . C'est bien au delà d'un changement de centre d'intérêt : C'est un choix de mode de vie . Il est dicté par la volonté d'organiser son temps plutôt que de le subir ; il nous semble en effet que rien n'est plus passif que d'ingérer une émission audio-visuelle - même choisie pour son excellence - dès lors que l'on a pas réfléchi à ce que l'on pourrait faire d'autre, plus favorable au développement des liens humains autour de soi ou à la compréhension du monde qui change autour de nous .

Ghandi prônait une éthique de vie d'une grande claivoyance dans le nécessaire équilibre entre l'être et l'avoir  : « Vis aujourd'hui comme si tu devais mourir demain, étudie chaque jour comme si tu ne devais jamais mourir ». En pratique c'est rester « jeune », c'est à dire optimiste et enthousiaste : C'est garder le sens de l'infini dans un monde dont notre génération a été la première à prendre conscience - avec une angoisse croissante concomitante à son vieillissement dans l'opulence- qu'il est fini .….

Des esprits espiègles feront remarquer que la lecture devient elle aussi addictive …. Ce n'est pas faux ! mais c'est une « schnouf » encore légale.... Pour combien de temps encore pourra t'on en pratiquer les vertus tant sont menaçantes à l'horizon les nuées d'inculture et d'ignorance  qui par mimétisme deviennent normes sociales dominantes au cœur même des élites ?

Avec le recul, nous nous sommes questionnés sur les conséquenses de notre nouveau mode de vie  : Concrêtement, nous contribuons pour notre part à la croissance du secteur de l'édition papier ou numérique…. aussi au secteur du nautisme . C'est une ambition modeste qui nous suffit amplement . Peut être est-ce tendre vers la « frugalité heureuse » de Pierre Rabi ?   Gardons la mesure du propos cependant : On est pas dans  le blanc ou noir  d'un choix de décroissance brutale quand on navigue avec un voilier de 16 mètres  aux Antilles !

Nous n'avons pas recensé les formulaires touristiques …. figurent ici dans ce récapitulatif seulement les ouvrages qui méritent une certaine constance dans la lecture – qu'elle soit tournée vers la détente ou quelquefois la réflexion . (en marge N = Nicole, L = Louis)


L/ Bernard Werber « Encyclopédie du savoir relatif et absolu » Albin Michel 

L/ Pierre André Taguieff « du progrès » Librio

N/ Geneviève Fraisse « Les femmes et leur histoire » Gallimard

L/ Erik Orsenna « L'avenir de l'eau » Fayard

L/ Roland Gori « La fabrique des imposteurs » Liens qui libèrent

LN/ Walter Scott « Ivanoë » folio junior

LN/ Steinbeck « à l'Est d'Eden » éditions mondiales

LN/ Denis Doucet »Le principe du petit pingouin – apprenez à lâcher prise » Marabout

L/ Christophe Deloire- Christophe Dubois « Circus politicus » Albin Michel

N/ E Bronte « Les hauts de Hurlevant » num

L/ François de Closet « Le système et puis M..... » Grasset

L/ Pierre Desproges « Manuel de savoir vivre à l'usage des rustres et malpolis » Seuil

LN/ Sir Ernest Shackelton «L'odyssée de l'Endurance » Phébus Libretto

LN/ D.St Jean, E. Pellet «Trésor d'aventure-l'or et l'Amazonie aux cotés de Jean Galmot»

Ibis rouge

L/ Jean Claude Guillebaud «Les confettis de l'Empire » Seuil

LN/ Gaël de la Brosse « Guide spirituel des chemins de St Jacques » Presse de la renaissance

LN/ Joao de Rosario « Cap-Vert, perspectives et réalité » L'harmattan

L/ Boris Cyrulnick « Autobiographie d'un épouvantail » Odile Jacob

N / Philippe Roth « Un homme »

L/ A.Conte-Sponville «L'esprit de l'athéïsme, introduction à une spiritualité sans Dieu» Albin Michel

LN/ Jean Guy Soumy «  L 'œuvre vive » Robert Laffont

N/ Jean Christophe Ruffin « Le parfum d'Adam » num

L / Cardinal André Vingt-Trois « Quelles société voulons nous ? » Pocket

N/ Jean Louis Fournier « La servante du Seigneur » Stock

L/ Matthieu Pigasse – Gilles Finchelstein « Le monde d'après -une crise sans précédent » Plon

L/ Jean Jacques Rosa « L'Euro : comment s'en débarrasser ? » Grasset

L/ Albert Camus « La peste » Gallimard folio

LN/ Arto Paasilinna « Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen »Denoël folio

LN / Henri Gougaud «  Les cathares » Bartillat

LN/ Yu Dan « Lebonheur selon Confucius » Belfond

N/ Marc Levy « Toutes les choses qu'on ne s'est pas dites » Robert Laffont

L/ Aimé Césaire «  Abbé Grégoire : de la traite et de l'esclavage des noirs » Arléa

L/ Maurice Agulhon…... »Les Francs Maçons » Pluriel – l'Histoire

LN/ Isabelle Autissier «  Kerguelen- le voyage au pays de l'ombre » Grasset

L/ Amin Maalouf « Les identités meurtrières » Grasset

LN/ Matthieu Ricard «  L 'art de la méditation » Nil

L/ Hervé le Bras, Emmanuel Todd « Le mystère français » Seuil

N/ Dominique Baudis « Raymond le Cathare » Grasset

LN/ Bernard Werber « Les micros humains » Albin Michel

LN/ Bernard Werber « Troisième Humanité » Albin Michel

LN/ Jacques Patuelli « Guide des Antilles » Atoll

N/ Pierre Loti «  Jérusalem » num

N/ Arnaldur Indridason « La voix » Métailié

N/ Christina Comencini « quand la nuit » Grasset

L/ Tajar Ben Jelloun « Partir » Gallimard Folio

N/ Jules Michelet « La tempête » Rumeur des âges

L/ Dominque Baudis « La conjuration » Grasset

L/ Marc Bloch « L'étrange défaite » Poche

LN/ Arto Paasilinna «  La Forêt des renards pendus » Denoël Folio

L/ Fernand Braudel « Ecrits sur l'histoire » Flammarion – Champs

L/ Joseph E. Stiglitz « Le prix de l'inégalité » Les liens qui libèrent

LN/ Antoine de St Exupéry « Le Petit Prince » Folio Junior

N/ Christophe André « Les états d'âme – apprentissage de la sérénité » Odile Jacob

LN/ Jean François Deniau « Dictionnaire amoureux de la mer » Plon

LN/ Yann Quefellec « Dictionnaire amoureux de la Bretagne » Plon – Fayard

L/ Philippe Meyer « Dans le huis clos des salles de bain » Seuil

L/ Le Tourmelin « Kurun autour du Monde » Flammarion

LN/ Jean Claude Guillebaud …... « « L'aventure.... Pour quoi faire ? »

L/ Joseph Klatzmann « L'humour juif » PUF

LN/ Georges Bordonove « Le radeau de la méduse » Plon

N/ James Auel « Les enfants de la terre » num

N/ J .Abbot « Faux semblant » num





…......... liste mise à jour le 12 mars 2014







PS : Nous réservons une pensée compatissante à certains bavards qui affirment – non sans malice et avec imprudence - que le voyage est synonyme d'oisiveté …......


dimanche 23 février 2014

trois jours d'initiation à la forêt amazonienne


Nous avions projeté initialement de ne rester en guyane qu'une quinzaine de jours , le temps de partager de bons moments avec nos amis Manu et Steph et de visiter ce qui nous semblait constituer les principaux points d'intérêt du département : Cayenne et ses environs , Kourou - le centre spatial et les îles du Salut- , St Laurent du Maroni avec le camp de la « transportation » enfin.

Sous l'effet d'on ne sait quoi.... déjà un mois ici et nous découvrons chaque jour de nouveaux visages de ce territoire attachant par bien des aspects : son histoire, sa géographie, sa faune, sa flore , son irréductible contradiction entre une modernité extrême symbolisée par l'industrie spatiale portant l'innovation la plus poussée d'une part et des structures politiques et administratives anachroniques au fonctionnement sustenté par l'esprit rétrograde inspiré du mélange subtil d'une fin d'empire colonial dans laquelle les agents de l''Etat achètent leur tranquilité de carrière avec les politiques locaux  et du rêve du souvenir de l'économie de rente de la période bénie des chercheurs d'or d'autre part .

Après avoir organisé avec John Dumbaï (Maroni-Tour) une remontée d'une journée sur le Maroni de St Jean du Maroni jusqu'au saut Hermina à l'amont d'Apatou, nous avons consacré cette semaine à la découverte de la forêt primaire dans l'arrière pays de Kourou, en remontant les méandres du fleuve pendant deux heures et demi de bateau à moteur . Pour fixer un ordre de grandeur, à vol d'oiseau, nous établissons notre camp à 25kms de Kourou dans le rayon d'action des secours . En clair, nous ne participons pas à une expédition de Jean Louis Etienne aux pôles ou dans la forêt profonde où l'on ne doit que compter sur soi  .

Il n'en demeure pas moins que le milieu dans lequel nous allons devoir évoluer ne nous est pas familier et suppose que chaque détail doit être préparé avec minutie afin que cette sortie ne se termine pas en « eau de boudin » .

Catherine et Michel (Mordicus) sont intéressés pour participer à cette « aventure ». Sous les conseils avisés de Michel (Allégro 3) qui nous fait bénéficier de sa connaissance de la forêt et nous servira de guide durant cette découverte, Lundi, nous faisons la liste des fournitures nécessaires : eau, alimentation, carburant, outillage – (on emmène même une tronçonneuse, pas seulement des machettes )- fusils de chasse , cannes à pêche et accessoires , l'iridium, la pharmacie ….. etc . Nous faisons les achats et transbordons tout sur le bateau au mouillage . Mardi, nous nettoyons les coques des bateaux soigneusement pour éviter les aspérités dont la présence accroît significativement la consommation d'essence .

Le mercredi matin, à l'aube (le soleil se lève ici invariablement aux alentours de 6h30 / 6h45 du fait de la proximité de l'équateur), nous nous réunissons sur Esclarmonde III pour un petit déjeuner copieux avant d'entamer la remontée du fleuve . Nous sommes en fin de marée montante : nous allons donc profiter d'un « chouïa » de courant favorable et de l'étale de marée haute pour avancer au milieu des terres .

 
Il est 8h15 . C'est le départ . Les 2 bateaux sont lourdement chargés ; chacun des 2 moteurs de 15 cv est sollicité au maximum de sa puissance . La barque en aluminium de Michel, étroite et longue est bien adaptée à cet exercice . Elle est équipée d'un moteur Suzuki 4 temps récent, économique et peu bruyant .



Notre annexe pneumatique Caribe à fond rigide de 3,20 m «pousse beaucoup d'eau » avant de déjauger ; elle est équipée d'un Yamaha enduro 2 temps des années 2000 à la fiabilité légendaire, mais bruyant et surtout gourmand . C'est la première fois que nous allons le solliciter pour un fonctionnement continu de plusieurs heures . Je n'ai pas vraiment de repère pour prévoir sa consommation pour un tel usage . Je pense être prudent en emmenant un bidon supplémentaire de 5 litres …... .


La géographie du fleuve est intéressante : au départ - près de l'embouchure, il mesure environ 400 mètres - dès les premiers méandres après être passé sous le pont de Kourou, la mangrove révèle toute sa puissance et s' en approprie le lit dont la largeur apparente diminue vite à seulement une bonne centaine de mètres . Nous ne devons pas perdre de vue que nous sommes à la petite saison des pluies qui précède le « petit été de mars » . A la grande saison humide (mai, juin, juillet), les berges ne seront plus visibles au plus fort des pluies torrentielles qui font sortir le fleuve de son lit et transforment la forêt en une immense mangrove encore plus impénétrable .


Après une heure trois quart de navigation, nous faisons une halte au dégrad Sarramaca au PK 23 : Catherine à bu pas mal de thé avant de partir ….Nous en profitons pour refaire le plein ….. plus de 15 litres de mélange sont déjà consommés sur les 40 du stock de départ ….Il nous reste une bonne heure de remontée à parcourir : il va falloir être vigilant sur le carburant …...en baissant la vitesse et en surfant sur la vague faite par la pirogue de Michel .

Nous reprenons notre progression .


Au bout d'une trentaine de minutes nous quittons le fleuve Kourou pour nous engager – sur la droite - dans un petit affluent ( une crique comme ils disent ici ) dénommée « la Couï » .

 
 
 

Le cours d'eau se rétrécie très vite à une dizaine de mètres en moyenne . Fragilisés par le poids de l'eau de pluie dans leur feuillage, de nombreux arbres se couchent ; la couche d'humus étant faible en forêt, le réseau racinaire reste en surface . Il n'a pas de résistance mécanique . Au moindre coup de vent significatif la rivière est barrée par de nombreux troncs et branches qu'il faut habilement contourner en levant le moteur au bon moment, sans oublier de conserver assez de vitesse pour franchir l'obstacle ….. un peu technique mais on s'y fait vite surtout lorsque l'on a la chance d'avoir un ouvreur du passage devant soi .




Michel nous explique qu'il doit fréquemment sortir sa tronçonneuse et ouvrir lui même la voie . Nous n'aurons pas à le faire cette fois ci : En effet, nous sommes près du carbet du camp d'entraînement de Légion dans lequel les troupes s'entraînent fréquemment à cette période de l'année . Si le chemin est tracé et entretenu sommairement c'est assez pour réussir à progresser vers notre campement pour deux nuits .

Nous arrivons à hauteur du camp militaire ; les hommes sont en train de réaliser un exercice d'entraînement aux techniques de franchissement de la rivière avec un blessé . Après les saluts d'usage, lorsque la voie est libre, nous poursuivons notre remontée pour chercher notre point de bivouac dans la forêt .

Sur le coup de midi, nous nous arrêtons pour pique-niquer sur une petite île .


 
 
 
 

Nous observons attentivement les faits et gestes de Michel dans sa prise de possession des lieux . En effet, nous avons déjà fait la rencontre d'un serpent lors de notre première expérience de découverte de la forêt près de Cayenne sur le sentier balisé de la colline du Rojota .

 
 
 


Pour fixer les idées, il s'agit du parcours de jogging du dimanche dans le quartier résidentiel de Remire-Montjoly . Nous ne pensions pas y faire une telle rencontre compte tenu de la fréquentation des lieux . Nous découvrons que la sécurité de la marche en forêt suppose une habitude réflexe d'observation de son environnement en trois temps : regarder l'endroit où l'on pose son pied , observer la végétation autour pour éviter les chutes d'arbres, les piqures d'épines, les nids d'insectes..... , enfin on peut se laisser aller à la contemplation des fleurs, des papillons.... à l'écoute des bruits étonnants de la forêt ou à l'action de chasse . Pas évident de bien respecter cette valse à trois temps …...on ne s'improvise pas indien ou marron en un claquement de doigts !

 
 
 


Au sol, le serpent le plus dangereux est le « grage »  :


Exemple de sol en forêt .... il faut avoir l'œil pour identifier un serpent dans ce fouilli de racines et de branches entrelaçées .

Contrairement à ses congénères, il ne fuit pas devant les intrus que nous sommes sur son territoire . Il reste lové et attaque avec une détente foudroyante qui lui permet de planter ses crocs venimeux de 2 cms jusqu'au bas de la cuisse et sans problème à travers une botte de chasse .



Nous repérons plusieurs installations vacantes . Conformément aux usages de la forêt, nous nous installons dans un carbet inoccupé .



Il est admis de se servir des lieux comme un refuge en montagne en le laissant en parfait état de propreté . Après avoir attaché les bateaux sur un ponton sommaire construit sur la rive, nous faisons la découverte des lieux . L'endroit nous semble parfait . Nous déchargeons nos affaires et les mettons à l'abri car le ciel menace . Le bois mort alentour récupéré, Michel allume un feu dans le barbecue pour disposer de suffisamment de braises pour la cuisson du repas du soir .



 
 
 

Nous installons les hamacs ….pas si simple qu'il n'y paraît de trouver le compromis optimal entre tension et courbure : ça conditionne le confort et la qualité du sommeil .



 

La nuit arrive vite à l'équateur,(18h30 environ)  ; nous sommes très confortablement installés .



L'heure du ti punch sonne ! l' atmosphère est au recueillement devant nos gobelets savoureux  ! Nous n'abusons pas …. nous ne virerons pas à la contemplation !

Un dîner aux bougies se prépare . Il faut imaginer la faible lueur dans le carbet dans l'environnement sonore de la forêt tropicale …..simplement magique ! On peut comprendre que l'on devienne addict à cet atmosphère ambigüe faite à la fois de sérénité profonde et de vigilance aux risques permanents d'un milieu hostile maintenant les sens en éveil .

La braise étant à point, les appétits aiguisés.... nous réservons le sort que vous imaginez …. aux succulents magrets de canard agrémentés de pommes de terre cuites en papillotes ; un verre de Bordeaux ne nuit pas ….. deux non plus d'ailleurs !


Il est encore très tôt …. une petite sieste avant d'aller faire une chasse de nuit .



lever à 22h30 : les caïmans n'ont qu'à bien se tenir ! Nous installons nos puissantes lampes frontales qui éclairent des berges jusqu'aux cîmes des arbres .

Tels des Tartarins en goguette nous ne verrons pas plus de caïmans que d'autres bestioles nocturnes . Nous ne sommes pas assez profond dans la forêt . Cet espace est très chassé …. trop probablement . Nous passons quand même un excellent moment : la lumière réfléchit l'éclat  orange des yeux d'un serpent jaune et blanc nacré  d'1,50 m environ enroulé sur une branche surplombant la rivière et un animal non identifié que nous observons en train de nager (probablement un petit mammifère rongeur ) .

Nous ne tirerons pas une cartouche pendant le séjour .

Minuit 30 : retour au campement . Michel nous raconte ses mésaventures de l'an dernier suite à l'agression dont il a été victime durant son sommeil dans son carbet installé dans la forêt profonde (à - heures de pirogue de Kourou)   . Du fait du risque de vol, souvant accompagné de violences physiques par des garimpéros, nous organisons un quart de surveillance . Nous prenons chacun une heure et demie . Le risque n'est pas mince : Les fusils sont chargés à balle pour gros gibier . Heureusement, nous n'aurons pas à nous en servir .

Nous sommes aidés dans cette tâche par Tit'fille, la petite chienne de Michel qui elle ne dort que d'un œil …. contrairement à Catherine !

 



Le petit déjeuner permet à tout le monde de partager un temps commun . Œufs au bacon sur le feu de bois … délicieux goût de boucanage …. Instants magiques rythmés par les ébats des singes hurleurs s'égosillant dans le lointain et des oiseaux entourant la clairière .

Durant la matinée, nous partons chasser dans la forêt avec Nicole ; Nous avons pris soin d'emmener une boussole avec nous .

Nous faisons quelques mètres dans une végétation luxuriante et déjà nous perdons de vue le campement ….. nous tournons à droite , contournons un obstacle par la gauche …. contournons une souche... un bras de rivière … au bout d'un quart d'heure nous vérifions que notre sens de l'orientation n'est pas pris en défaut . Bien nous en prend : Nous allons à l'opposé de notre chemin pour revenir au camp . Heureusement nous sommes encore à portée de voix mais séparé par un méandre de rivière qu'il faut contourner par la droite ou la gauche ? ….. chaud, chaud de ne pas se perdre dans cette jungle inextricable dans laquelle nous n'avons pas les connaissances pour se créer des repères comme les indigènes . Au bout d'une demie heure , nous retrouvons le camp ….. bonne leçon qui confirme que nous avions vraiment raison d'être prudents en n'allant pas loin . L'après midi, Michel part à la chasse . Comme convenu, je tape sur le cul de la poelle au bout d'une demie heure . Cela lui permet de se recaler dans la bonne direction pour revenir au carbet . L'orientation dans la forêt suppose un sens de l'observation et une intuition que nous ne travaillons plus dans nos sociétés « développées ».
 …
 
Le jeudi après midi, Michel (Mordicus) décide de partir pêcher dans la Couï ; Il apâte avec des gambas conservées dans la glacière .  Ca marche ! Il prend 5 poissons en deux heures . Mieux que la chasse incontestablement .
 
Nous sommes mis au défi avec Michel (Allégro) . Nous décidons de partir à la chasse en espérant croiser un agouti .... Le layon  longeant la rivière est encombré de nombreuses branches entre lesquelles nous progressons prudemment . A hauteur d'une souche, je passe sans encombre ..... Michel suit quelques mètres derrière .  Les guêpes  dérangées se ruent sur lui ..... Une bonne vingtaine de piqures  par des " mouche à feu " ça fait mal ......  Nicole et Catherine trouvent dans la pharmacie de quoi atténuer les misères de notre guide .

 
 
Après une nuit et une matinée sous des trombes d'eau, nous rentrons  sans encombre le vendredi après midi  sous un ciel dégagé .   Michel puise dans sa réserve d'essence pour me permettre de finir le voyage retour ...... Il m'aurait manqué 5 litres de carburant pour finir de rentrer !
 
Beau périple qui nous donne envie de poursuivre la découverte du monde de la forêt amazonienne .... une virée de 15 jours au carbet de Michel l'an prochain .... pourquoi pas ?
 
 
 
 
 








mardi 18 février 2014

Des Tintinophiles à la découverte de la vraie conquête spatiale ......



Nous avons touché la Guyane au niveau des îles du Salut, c'est à dire juste au large de Kourou . Cette ville champignon s'est développé depuis peu de temps : la création du Centre spatial guyanais remonte à 1965 , période à laquelle il fallait trouver un site de substitution aux installation situées dans le Sahara algérien où la France a lancé son premier satellite – Astérix- avec un lanceur « Diamant ». Kourou est distante de 60 kms dans l'Ouest de Cayenne, la ville capitale de ce département grand comme 1/5 de la métropôle .( environ 100 000 Km²) .



J'avais visité cette base 1992 en marge d'un déplacement professionnel . Que de changements !
 
 Son emplacement près de l'équateur permet d'augmenter la capacité de projection dans l'espace de satellites lourds (charge utile de 10 tonnes) ou de diminuer l'énergie nécessaire au tir à poids identique : à titre d'ordre de grandeur, le même tir consomme 1/3 de plus d'énergie à Cap Canavéral à Baïkonnour qu'à Kourou . La cause de ce phénomène réside dans « l'effet de fronde » lié à la vitesse de rotation de la terre , maximale à l'équateur. Pour fixer quelques ordres de grandeur, le lanceur Ariane V mesure 53 m de hauteur et pèse près de 600 tonnes . Au décollage, chacun des 2 boosters latéraux développe 520 tonnes de poussée et consomme 2 tonnes de combustible à la seconde !


Faisant escale à Kourou il était naturel de faire la visite du Centre Spatial Guyanais (CSG)  du CNES ( Centre National d'Etudes Spatiales) . Sur l'aire d'accueil, nous espérions une pointe d'humour avec un clin d'œil au moyen d'une fusée rouge et blanche   ..... mais  nous sommes accueillis par la maquette grandeur réelle du monstre de technologie  .





Le jour dit, nous arrivons à 8h00  à l'entrée du CSG ( attention , il est nécessaire de réserver à l'avance) . L'organisation est parfaitement réglée : contrôle et dépôt des passeports, contrôle corporel   de sécurité  avant la montée dans le bus . C'est parti pour 4 heures de découverte du site . Le CNES dispose d'un domaine de 650 km²  .....  nous n'entrevoierons  que l'essentiel donc :   Trois  pôles  distants de 25 kms environ structurent  cet espace :  L'aire Ariane , l'aire Soyouz, l'aire Vega .  Une aire spéciale dédiée à la fabrication des combustibles permet une production locale par Air Liquide .

L'aire Ariane V est la plus impressionnante du fait de la puissance de ce lanceur capable d'envoyer une charge utile supérieure à 10 tonnes dans l'espace .


 
 

L'aire de lancement d'Ariane V : des équipements de refroidissement colossaux gérés par les pompiers de Paris . Les grandes antennes servent à créer une cage de protection contre la foudre .

 
Le château d'eau sur la droite du lanceur est vidé en quelques dizaines de secondes : c'est la raison de l'incroyable nuage  de vapeur blanche destiné à laver les fumées de combustion des poudres des deux boosters . Chacun consomme deux tonnes  de poudre à la seconde . 520 tonnes de poussée par booster . 
 

La salle de commande des paramètres techniques du lancement

 
La salle JUPITER d'où le directeur du CSG centralise toutes les informations internes et externes pour autoriser le lancement .

 
L'aire Soyouz



 
La zone de combustion sous la fusée Soyouz . Ce lanceur est plus petit ; il emporte seulement 3 tonnes en orbite . Sa robustesse et sa fiabilité sont légendaires .
 
Des équipements et installations très importants répartis sur des espaces très vastes ....
 
 


La chasse étant interdite dans cet immense domaine, la faune est très préservée .  La question de la pollution due aux poudres de lancement est soigneusement "greenwachée" par nos charmantes guides .

Nous assistons au lancement  d'Ariane V le 6 février .  magnifique succès !

 
Pas de chance , un plafond nuageux très bas interdit de voir très brièvement  autre chose qu'une boule de feu qui perce les nuages  .... Rien à regretter cependant :  La mise à feu des boosters déclanche un  bruit assourdissant et un vrai tremblement de terre à des kilomètres à la ronde !
 
 
Le lien avec le film produit par Ariane espace en dit plus long sur tout le processus d'un lancement .


http://www.videocorner.tv/videocorner2/live_flv/index_fr.php?langue=fr#.UwCPRPl5PfI.
 
 
La base spatiale  est  un grand bol de modernité et de succès autour d'un programme d'innovation ambitieux.
 
Le lancement de la fusée est un moment impressionnant : c'est un véritable tremblement de terre et une luminosité caractéristique . La fusée met 11 minutes pour arriver au dessus de l'Afrique.... nous avons mis 11 jours en voilier pour traverser  ! En 30 minutes, les 2 satellites ont été placés en orbite avec succès . C'est un moment passionnant . C'est aussi une légitime cause de fierté pour notre pays (le CNES -centre national d'études spatiales-) et pour l'ESA bras séculier de l'Europe en la matière.
C'est pourquoi, nous avons écouté avec étonnement le Président du CNES, Monsieur Israël souhaiter la bienvenue et présenter le tir  aux clients et spectateurs en utilisant la langue de Shakespeare ; Rassurez vous, pour nous les ploucs Français , il était quand même prévu un traducteur ! Que doivent penser les clients chinois de cette élite "mondialisée" en perte de racines ? Un accueil en Français - traduit en Anglais - avec un vrai propos amical en chinois en l'honneur des clients aurait eu un autre panache ! Excusez nous d'attacher de l'importance au symbôles ........nous devons devenir de vieux c...... ! (Mr Obama recevant le Pt de la République a parlé dans sa langue en mettant en français une touche d'humour ..... je ne suis pas seul à penser  comme ça donc ; ça me rassure .... )
Si l'on veut revenir à une pensée positive, il faut se remémorer que confier l'Europe à des scientifiques ou des ingénieurs a donné et donne manifestement des résultats plus probants qu'en confier les clés aux sbires de Goldmann- Sachs jouant du tambourin à des aparatchicks carriéristes  dansant dans l'espace politico-médiatique  comme de vulgaires ours de foire ! Peut être est il même possible de supposer  - sans beaucoup de risque de se tromper- que les citoyens continueraient de voter pour elle  - à juste titre d'ailleurs - et même avec enthousiasme ! si l'Europe continuait à porter d'aussi beaux projets  .
« I have a dream !!! » disait Martin Luther-King .  Revenir à une gouvernance par des gens vertueux et conscients de leurs fonction symbolique pour que le citoyen puisse s'y identifier  :  A quelques semaines d' élections qui s'annoncent dramatiques, voilà peut être un bonne piste pour sauver le grand projet européen  !  Quand on voit les difficultés rencontrées par le commissaire européen Michel Barnier pour faire avancer le projet de régulation de la finance en Europe, on est certain de deux choses : l'une très positive : les hommes de qualité existent ….. et l'autre moins : que ce  rêve est encore loin de se réaliser !
 
 






dimanche 9 février 2014

Photos de Philip PLISSON : la tempête Petra en Bretagne

Les  photos qui suivent  communiquées par Olivier notre routeur valent mieux qu'un long discours :

Il valait vraiment mieux ne pas se trouver à la côte pendant le passage de cette dépression !

http://www.philip-plisson-blog.com/article-tempete-petra-par-philip-plisson-122425732.html

Le phare de la Jument à Ouessant , fragilisé au niveau de l'embase semble avoir une fois encore résisté à des conditions exceptionnelles ;  tant mieux  ...... Ce n'est peut être pas une raison suffisante pour différer plus longtemps  les nécessaires travaux de sauvegarde .